Il y a la nature à protéger, puis celle qui nous protège. Longtemps plongée dans un art à la défense de l’environnement, Véronique Doucet opère un changement de posture pour plonger dans un nouveau cycle de création, passant de l’écoféminisme à l’écoféminin, de l’action à la contemplation, du sens unique à la réciprocité. Désireuse de s’imprégner des énergies de la forêt pour tisser le visible et l’invisible, l’artiste met son hypersensibilité au service de l’écoute, de l’observation et de l’accueil de ce que le territoire a à lui proposer. Dans un processus lent et intérieur, elle laisse son vécu se transposer dans la forme des paysages, capture les images et récolte ce qui fait sens pour laisser émerger à sa conscience ce qui lui était inaccessible et le transposer dans la matière. Intervenant en techniques mixtes sur ses photographies, elle cumule en parallèle les écofacts et artéfacts qui la ramènent à sa lignée pour réfléchir aux héritages qui nous façonnent. Est-il possible, voire nécessaire, de s’offrir parfois la possibilité du déracinement, de la rupture avec la charge émotionnelle et relationnelle qui transcende les générations et pèse sur nos épaules? […]
(texte Gabrielle Izaguirré Falardeau)