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Exposition Alden-Martens, William, Alisich et Paul-Allaire

23 avril au 14 juin 2026

Vernissage : 23 avril, 17 h à 19 h

 

Kyle Alden-Martens

Split Hairs

On pourrait croire que c’est un chandail, une chaussure, un gant, un accessoire, mais c’est de sculptures qu’il s’agit. Ce pourrait être une œuvre en soi ou encore la fraction d’une plus grande installation. On pourrait penser qu’un élément en contient un autre, mais ça pourrait tout aussi bien être le contraire. Kyle Alden Martens utilise les symboles du vêtement, des accessoires et de leurs espaces de rangement pour provoquer l’ambiguïté et proposer une lecture fluide des objets, qui pourrait tout aussi bien s’appliquer à l’orientation et au genre. En recourant à des matériaux inspirant le luxe et la somptuosité, comme le cuir et la soie, l’artiste cherche à provoquer un rapport de séduction et à susciter l’attrait des spectateurs et spectatrices pour des objets qui, à prime abord, semblent familiers, mais que la disposition et les dimensions altérées peuvent rendre inconfortables, voire dysfonctionnels.

Désireux de rejeter les systèmes de pouvoir, Kyle Alden Martens illustre comment certaines structures normatives, notamment celle du temps, sont vécues différemment et remises en question par la communauté queer. L’inversion des échelles et la fluidification des codes dominants se poursuit dans la disposition de l’espace. Les représentations de bottes, d’un gant, de talons hauts moulés dans le cuir tout comme d’autres accessoires tels que des ciseaux ou des montres aux bracelets longuement étirés s’imposent dans les lieux, le public se trouvant alors entouré, voire supplanté par celles-ci, mais peut-être, surtout, protégé par elles. Curieux d’observer la relation créée entre le public et l’installation, l’artiste multiplie les interprétations possibles: l’exposition montre-t-elle un processus de fabrication ou le désassemblement des installations? Au bout du compte, ce peut tout aussi bien être les deux à la fois; quelque chose qui se fait et se défait simultanément, sans chercher l’intégration à une catégorie finie, ce qui n’est pas sans rappeler les vécus queer.

— Texte de Gabrielle Izaguirré Falardeau

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Nico Williams

Le cadeau

Artiste anicinabe basé à Tiohtià:ke/Montréal, Nico Williams recourt à l’art traditionnel du perlage pour créer des œuvres sculpturales ancrées dans une représentation de nos réalités contemporaines lourdement marquées par l’héritage et les impacts du colonialisme, notamment à travers la reproduction d’objets de consommation. Intrigué par la faillite de la Compagnie de la Baie d’Hudson au printemps 2025, l’artiste a entrepris une recherche d’envergure qui l’a mené à découvrir les liens étroits entretenus entre les communautés autochtones d’Amérique du Nord et les premiers colons français. Bouleversé par la violence de l’histoire coloniale à travers l’appropriation des terres, des ressources et des corps des populations autochtones, l’artiste poursuit une démarche de création dans laquelle il dénonce cet accaparement avec franchise et avec une certaine irrévérence envers les codes.

L’exposition Le Cadeau réunira des artefacts, des œuvres perlées et des sculptures faisant état de la relation et de la culture d’échange entre les premiers peuples et les premiers colons français. Par-delà la dimension politique de son art, Nico Williams insiste sur la richesse des matériaux, sur la couleur et la brillance des perles. Il invite d’abord les visiteurs et les visiteuses à tomber, comme lui, en amour avec l’art du perlage et le riche héritage culturel qui le sous-tend.

extrait du texte de Gabrielle Izaguirré-Falardeau

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Alex Alisch et Lou-Raphaëlle Paul-Allaire

passion_partage

La relation entre Alex Alisich et Lou-Raphaëlle se joue à plus d’un niveau et se joue tout court. Amoureuses et artistes, les deux femmes tissent au sein de passion_partage la liaison de leurs univers parallèles pour n’en former qu’un seul, pour tenter de trouver l’épicentre où peut se résoudre l’union de leurs intimités, de leurs démarches et de leurs créativités. Dans un processus intuitif qui laisse place au jeu et qui se déploie dans l’absence de limites, les artistes appellent au rassemblement et à la célébration tout en matérialisant, notamment par la musique et l’image, les échos de leurs cheminements intérieurs.

Si, a priori, Alex se consacre à l’image et Lou à la musique, les frontières ne sont pas si étanches. Il s’agit peut-être, après tout, des variations d’une seule et même fréquence. Désireuses d’approfondir leur collaboration et le sens qu’elles lui donnent, les artistes envisagent leur résidence à l’Écart et son résultat comme une occasion d’exploration, de partage et de mise en pratique des savoirs cumulés. Si la forme exacte n’est pas définie, certaines directions se dessinent tout de même. Par-delà la rencontre entre leurs disciplines respectives, elles sont mues par le désir de performer, de donner physiquement forme à leur démarche, aux thèmes et aux contrastes qui la traversent. Les artistes invitent à l’amplitude et à l’excès comme à la profondeur et à la contemplation, sans négliger l’absurdité qui surgit inévitablement à la surface de nos existences. Si elles se laissent encore la liberté de diriger leur proposition où bon leur semble, elles promettent tout de même, avec conviction, de provoquer l’évènement.

— Texte de Gabrielle Izaguirré Falardeau

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